Les Enfants du Temps

Histoire
Makoto Shinkai poursuit ici son étude sur les thèmes de la séparation et de l’amour impossible (entre autres).
Si les protagonistes, une nouvelle fois de jeunes adolescents (soupirs de lassitudes), ont peu d’épaisseur, 5 cm.s−1 nous avait démontré par le passé que cela n’était pas une condition nécessaire pour atteindre les sentiments du spectateur : l’universalité et la force du sujet suffisent.
Spoiler :
Narration
S'il y a rupture au niveau de l'histoire, l'efficacité de la narration, elle, est de nouveau au rendez-vous grâce un rythme et un découpage qui sont parvenus malgré tout à tenir mon intérêt toujours éveillé (succession d'asyndète temporelle et de moments vécus à vitesse réelle)
À ça j'ai également trouvé que les situations comiques étaient bien amenées et surtout correctement dosées au cours du film.
Petit bémol, la raison de sa fugue reste assez évasive et l'évocation fugace de son passé familial n’est en fin de compte qu’une fausse piste car elle n’aboutit à aucun développement (à moins d'être passé à côté d'une subtilité, auquel cas merci de m'éclairer).
Graphisme
Visuellement que dire si ce n’est que c’est du pur Makoto Shinkai : comme à son habitude, le réalisateur japonais nous fait profiter de son génie pour les couleurs avec une très riche palette pour apporter toute les nuances nécessaires.
De même, on retrouve à nouveau des traits de personnages, toujours aussi sommaires, avec des visages assez quelconques, qui contrastent étonnamment avec le réalisme et l’abondance de détails des lieux. Mais ces visages « effacés » ne seraient-il pas une manière d’affirmer la prééminence des relations nouées sur des personnages apparaissant dès lors secondaires, servant tout juste de réceptacle aux sentiments de cette romance ?
Enfin, je garde également une réserve car je ne comprends pas toujours le recours à la CGI à certains endroits, d’autant que la dissonance engendrée dénotait avec ce feu d’artifice de nuances chromatiques et avait tendance à m’extirper du tableau.
Musique
J’ai apprécié l’idée d’utiliser des chansons pour faire la transition entre les différentes parties du récit.
Les morceaux sont sur le ton du film. Sans être mauvais, je ne les ai pas trouvés particulièrement marquants.
Voice Of Wind (風たちの声 )
Celebration [feat. Toko Miura] (祝祭 feat. 三浦透子)
Is There Still Anything That Love Can Do? (愛にできることはまだあるかい )
Grand Escape [feat. Toko Miura] (グランドエスケープ feat. 三浦透子)
We'll Be Alright (大丈夫 )
Celebration [feat. Toko Miura] (祝祭 feat. 三浦透子)
Is There Still Anything That Love Can Do? (愛にできることはまだあるかい )
Grand Escape [feat. Toko Miura] (グランドエスケープ feat. 三浦透子)
We'll Be Alright (大丈夫 )
Avis Global
En résumé, Les Enfants du Temps a été pour moi une relative déception du fait du traitement assez superficiel dans la construction des sentiments liant les personnages principaux. Je ne m’y suis pas ennuyé, seulement je restais continuellement dans une forme d’attente, attente de cet élément de cristallisation bouleversant mais qui n’est jamais arrivé.
Ce soir-là, les spectateurs de la salle de cinéma n’était constituée que de trentenaires et vingtenaires comme moi.
Makoto Shinkaï a-t-il voulu mettre davantage l’accent sur l’action au dépend d’une attention portée sur les cœurs plus superficielle, ceci afin de s’adresser à un public encore plus jeune ?
Liens
Quelques entretiens instructifs avec le réalisateur au sujet de son film :
Entrevue de Gong ( avec une petite révélation)
Questions/Réponses au Grand Rex (halte pauvre naïf! les réponses dévoilent l’intrigue)
Questions/Réponses au Grand Rex (halte pauvre naïf! les réponses dévoilent l’intrigue)